Patrick ROUGEREAU

Patrick ROUGEREAU – Photographe Culinaire

D’abord photographe reporter, il est devenu, aujourd’hui, l’un des spécialistes de la photographie culinaire de grand talent, reconnu des plus grands chefs comme des plus grandes marques.

Depuis toujours une double passion anime ce photographe audacieux, il associe photographie et gastronomie dans la plus grande créativité.

Il aime les photos qui disent la précision et la simplicité, jouer avec les lignes, les matières pour sublimer le produit et donner l’envie.

Pour lui, il n’est pas de bonne ou mauvaise photo, la seule qui soit réussie, est celle qui crée l’envie et l’émotion : « J’ai trouvé dans l’art culinaire, un challenge à relever : des produits vivants, une technicité précise et surtout un échange extraordinaire avec celles et ceux qui partagent avec moi cette passion commune de la cuisine et sans qui je ne pourrai exercer ce métier ».

Anne-Sophie Pic dit de lui : « Il fait un travail absolument magnifique. J’ai adoré la première fois où je l’ai rencontré, touchée par la pointe d’audace à la vue de ses photos, à la façon qu’il a de les prendre. C’est aussi vrai pour l’intégralité de son travail. Il fait marcher son imaginaire et travailler son cerveau. C’est quelqu’un, qui, par la photo, nous raconte une histoire. Il met toute son âme dans son travail et c’est ce qui me m’émeut profondément. » –  Anne-Sophie PIC (Cheffe 3 étoiles).

Bonjour Patrick Rougereau,

Je tiens tout d’abord à vous remercier mille fois… d’avoir accepté, si gentiment, ce moment de partage. Je suis très touchée ! Merci, merci !!!!

  • Comment le choix de la photographie culinaire s’est-il imposé à vous ? 
    Au moment du choix de ma future carrière, j’ai longuement hésité entre la photographie et la cuisine. C’est tout naturellement que la photographie s’est imposée à moi. Je me suis alors spécialisé dans le « FOOD ». Aujourd’hui, je vis quelque chose d’extraordinaire, le mélange de mes deux passions et cela au travers de mes images. Je retiens avant tout chaque rencontre, chaque partage avec les Chefs. Nous parlons le même langage… celui de Passionnés à la recherche d’une finalité identique : dire le beau et le bon. Les Chefs s’expriment avec leurs casseroles, Patrick Rougereau avec son appareil photo.
  • Comment travaillez-vous la lumière : naturelle ou électronique ?
    Je revendique un travail de lumière important ! Il est réalisé principalement en studio. Mes images sont sobres, dépouillées et celle-ci en est le principal ingrédient. Je trouve, que de nos jours, la photo culinaire est aseptisée. Il suffit de feuilleter les magazines de « food » pour comprendre. Toutes les photos se ressemblent, elles sont réalisées en lumière naturelle, on parle davantage de stylisme et de mise en scène que de travail photographique. Un bon amateur sera capable de fournir les mêmes prestations qu’un professionnel, pour peu qu’il dispose d’une fenêtre et d’un appareil photographique basique. Cela ne retire rien à la qualité de ses images qui sont bien souvent agréables à regarder !

A contrario, je souhaite complètement maîtriser l’ensemble des éléments qui fait une belle image :

–       Entrer dans mon studio,
–       Allumer mes éclairages,
–       Construire de A à Z cette image et démontrer dans chacune d’elle que la photographie culinaire est une œuvre d’art à part entière. Ceci n’est possible que si derrière chaque image, il existe un véritable travail de la lumière et un choix stylistique abouti,
–       Placer un éclairage au millimètre, habiller un produit de lumière pour en tirer toutes ses saveurs et toute sa beauté…c’est mon challenge !

  • Dans la série « La vie est trop courte pour Photographier triste » dans votre ouvrage « Regarde comme c’est bon ! » … Pouvez-vous nous dire si ce sont les phrases qui déclenchent les visuels ou inversement ?
    Ces phrases sont plutôt la résultante de 30 ans d’expérience. J’essaie d’apporter de la fantaisie dans mes images et l’humour peut en être une des composantes… Pour mon ouvrage « Regarde comme c’est bon ! » … Comment mieux résumer mon métier que par cette phrase : « tout comme au restaurant, le premier contact que vous avez avec votre plat est visuel et ce n’est qu’après que vous en découvrirez la saveur ! » … Mes images doivent divinement dire le beau et le bon !
  • Petite dernière…. Pourquoi avoir choisi de créer une école culinaire et non une école de photographie ?
    Je suis incapable d’expliquer comment je travaille mes images, mes lumières. Lorsque je crée une image, elle doit d’abord être construite dans ma tête, elle est réfléchie, appréhendée, je ne commence jamais un travail si je ne la visualise pas avant. C’est difficile pour mes collaborateurs de comprendre où je veux aller. Pour moi, c’est très clair, je construis mon image comme je la pense. Cela fonctionne souvent mais parfois, j’avoue… je m’aperçois que cela n’est pas réalisable comme je l’avais imaginé. Pour la lumière, c’est avant tout de l’instinct, une sensation qui fait qu’un éclairage déplacé de quelques millimètres va modifier totalement mon image !Propos recueillis par : Stéphanie DEVISSCHER pour Photophiles Magazine – 06.50.10.69.20

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